La piñata, fondamentalement associée à la culture mexicaine, est au centre des anniversaires et de Noël.

Précisons tout de suite que si les enfants adorent les piñatas, les adultes aussi ! La piñata est un objet coloré et décoré qui peut prendre toutes les formes possibles et imaginables. Car les piñatas suivent la mode de très près bien sûr. Ainsi, vous en trouverez sous forme de barbie, de princesse de Disney ou même d’animaux.

A Noël, comme à ses origines, une piñata en forme de sphère à sept pointes représentant les sept péchés capitaux est encore utilisée. Le contenant est fait d’argile ou de carton, le tout recouvert de papier mâché. L’intérieur de la piñata est rempli de petits cadeaux sous forme de bonbons, biscuits, fruits ou autres surprises. Le but du jeu consiste à briser la piñata pour en retirer les cadeaux. Mais des règles sont à respecter !

Les règles du jeu:

La piñata doit tout d’abord être suspendue quelque part grâce à une corde. Les joueurs, les yeux bandés et armés d’un bâton, doivent, chacun leur tour, frapper la piñata pour essayer de la briser. Avant de frapper la piñata, les joueurs doivent aussi tourner sur eux-mêmes. Puis, quand la piñata cède sous les coups, les participants peuvent s’emparer des friandises et des autres cadeaux.

La chanson:

Le jeu se fait toujours en chanson et la chanson typique est “dale, dale, dale” (frappe-la, frappe-la, frappe-la) dont voici les paroles :

Dale, dale, dale, Frappe-la, frappe-la, frappe-la (ou “vas- y, vas-y, vas-y”)
no pierdas el tino; Ne perds pas ton adresse;
Porque si lo pierdes, Parce que si tu la perds
pierdes el camino. Tu perdras le chemin.
Dale, dale, dale, Frappe-la, frappe-la, frappe-la,
Dale y no le dió; Frappe-la, et il l’a raté
Quítenle la venda, Enlevez-lui le bandeau
Porque siguo yo, Parce que c’est mon tour
¡Se acabó! C’est fini !

Les origines de la piñata:

L’histoire de la piñata n’est pas bien connue. Plusieurs hypothèses ont été émises. L’une d’entre elle suggère que Marco Polo aurait rapporté de Chine ces objets multicolores en papier mâché utilisés lors du nouvel an chinois. La tradition aurait alors été reprise en Italie puis en Espagne. Car en italien, “pignatta” signifie pot de terre fragile. Dans ces deux pays, la piñata aurait été utilisée lors des fêtes du carême. En Espagne, il y avait même « la danse de la piñata » lors du carême. Cette tradition aurait traversé l’océan avec Marco Polo et aurait été transmise aux Aztèques qui l’acceptèrent. En effet, les Aztèques avaient une coutume ressemblante qui consistait à briser, les yeux bandés, un pot de terre rempli de chocolats.

Les conquistadors espagnols ne manquèrent d’ailleurs pas de donner un sens religieux à cette tradition pour accélérer la conversion des Aztèques à la chrétienté. Ainsi, ils donnèrent aux piñatas la forme d’une sphère à sept cônes, symbolisant les sept péchés capitaux (gourmandise, luxe, paresse, colère, jalousie, fierté, avarice). Les gens avaient les yeux bandés pour ne pas sombrer dans le péché d’une part et pour être vertueux d’autre part. En effet, cela symbolisait la foi, ou croire sans avoir à voir ! Le bâton signifiait la volonté qui servait à détruire les maléfices de la tentation pour en retirer la récompense. Avant de commencer à frapper la piñata, les gens devaient la faire tourner 33 fois, symbolisant les 33 années de la vie du Christ. Le contenu de la piñata représentait l’amour de Dieu.

Aujourd’hui, la piñata est surtout le symbole de la fête, religieuse ou non, et est profondément ancrée dans la culture des pays d’Amérique latine.

Par Nicolas Grouzinoff.

Le Mariachi : musique passionnée et danses traditionnelles incontournables pour comprendre l’identité culturelle mexicaine.

Le mariachi, joué et chanté par des mariachis, est le style de musique typiquement mexicain par excellence. Les sonorités mariachis, appelées son mélangent les musiques traditionnelles espagnoles et locales. Originaire de l’Etat de Jalisco, bordé par l’océan pacifique, la musique mariachi s’est étendue dans tout le Mexique et est devenue une culture propre à l’identité mexicaine.

Une musique passionnée

Les groupes de mariachis sont composés de chanteurs passionnés et de nombreux musiciens. L’orchestre associe plusieurs violons, une guitare, une vihuela – espèce de luth au son aiguë – et une grosse guitare munie de six cordes et d’une très grosse caisse de résonance avec un manche très court et non fretté appelée guitarrón. Des trompettes, et parfois une harpe, ponctuent le répertoire des chansons des mariachis qui s’étend aux rancheras traditionnelles et aux romantiques boleros.

Le boléro vient tout droit d’Espagne, où au 17ème siècle, il fut créé comme danse à trois temps pour les bals et les théâtres.

La musique ranchera dont le nom vient des ranches ou exploitations agricoles typiquement américaines, est un genre musical très masculin et sensuel et chanté principalement par des hommes. Pour découvrir le ranchera, écoutez Vincente Fernandez ou la pop star Luis Miguel dans son album “México en la piel”.

Il existe bien sûr plusieurs types de son mariachi. Le son jalisciense est typique de l’Etat de Jalisco, lieu d’origine de ce genre musical. Pour écouter le célèbre morceau jalisciense La Negra avec ses danses et ses chants, faites un tour sur le web.

Il existe aussi le son huasteco ou huapango du Nord du Mexique qui inclut souvent une flûte.

Les origines du Mariachi

Il n’y a pas vraiment de consensus sur l’origine du mot mariachi. Certains historiens pensent qu’il aurait été introduit au Mexique sous le règne de l’empereur du Mexique Maximilien 1er au 19ème siècle au moment de la présence de Napoléon III qui soutenait l’empereur. Le mot serait alors une déformation du mot français « mariage » car la musique y était souvent jouée à cette occasion. D’autres pensent que le mot est antérieur à cette période et remonte aux Indiens Coca au 16ème siècle qui utilisaient le mot mariachi pour décrire une plateforme de bois sur laquelle ils jouaient.

Danses et costumes mariachis

Le mariachi n’est pas seulement l’association de chanteurs et de musiciens, mais aussi de danseurs et danseuses habillés en costumes traditionnels.

La danse qui s’associe par tradition avec le son jaliciense est le zapateado, un style d’origine espagnol où les danseurs frappent leurs talons de leurs bottes sur le plancher en marquant des rythmes rapides.

Le costume traditionnel des mariachis est le charro, costume typique des cavaliers de l’Etat de Jalisco, où est né le style musical. L’essentiel est bien sûr le célèbre chapeau mexicain, le sombrero. Les femmes mariachis portent souvent des fleurs ou un bandeau dans les cheveux à la place du chapeau. Ils portent aussi des chemises blanches à manches longues et de grands nœuds papillons aux couleurs vives, leur costume comporte toujours une lisière colorée.

Les mariachis dans la vie populaire et pour les touristes

Ils sont très souvent engagés par les familles pour les grandes occasions comme les mariages, la fête des mères ou les quinceañeras, important évènement pour les jeunes filles mexicaines qui fêtent leurs 15 ans. Souvent très romantiques, les mariachis sont appréciés lors des dîners romantiques aussi !

Les touristes, c’est normal, adorent aussi les mariachis et leurs commandent souvent plusieurs chansons. Il ne faut cependant pas oublier de les payer ! Ce sont des professionnels et ils demandent souvent de l’ordre de 100 pesos par chanson.

Nicolas Grouzinoff.